Guets Neies Claudia !

January 6, 2008 - Innsbruck, Austria

Clac Clac, les portes se ferment... Devant nous se profilent quelques 8 heures de route. Nous sommes encore en 2007. Aucune idée de ce qui nous attend.

De l'usage des lampes au Tyrol :

Emportez une lampe de poche avec vous. Outre le fait qu'elle vous confère une petit style très montagne qui se fond bien dans la masse d'Austrogrenoblois qu'on croise un peu partout, elle peut :

- vous sauver la vie si vous voulez faire une "petite" sortie de ski de rando et que malencontreusement, vous ne vous êtes pas mis d'accord sur le sens de "petit" avec les guides locaux (ils ont la facheuse manie de diviser par 3 les temps de marche, sans doute pour se donner du courage), qu'il y a une rivière gelée à traverser, et que vos skis déchaussent mécaniquement à chaque virage.

- Une lampe de poche ça sert aussi les soirs où vous vous faites embarquer dans une périlleuse descente en luge, il s'agit de monter pendant 1h30 (30min pour les locaux) jusqu'à un monastère, s'y attabler pour quelques libations en l'honneur du Dieu des sapins du bord de route, et d'enfourcher son bolide (solo ou duo), lever les pieds et crier très fort ; après le premier virage on se rend compte que la luge n'a pas d'oreille, il est donc nécessaire d'user ses semelles comme gouvernail et freins à disques à la fois. Frayeurs garanties lors des passages non éclairés ; il est fortement conseillé de ne pas rester au milieu de la piste après une chute.

- Enfin, ne croyez surtout pas que l'usage d'une lampe de poche soit réservé aux activités d'extérieur. En effet, le réel problème des Autrichiens réside dans le fait que leurs ingénieurs en domotique sont des grosses burnes. Du coup il est illusoire d'ouvrir une porte et de s'imaginer qu'on atteindra l'interrupteur aisément sans aide extérieure. L'interrupteur autrichien est fuyant, fourbe et parfois complexe : tantôt à hauteur de genou, tantôt au niveau des yeux, il apprécie particuliérement de se cacher là ou ne l'attend pas. Une fois de plus votre lampe perso vous sera très précieuse (plus encore dans les pièces sans interrupteur, celui-ci s'étant caché dans la chambre voisine voire même à l'étage du dessus).

Fait historique illustratif : En 2007, un serveur d'un bar a brisé 5 tables et 173 verres de bières en cherchant à éclairer l'étage de son établissement.

Diverses leçons glânées au fil de nos pérégrinations :

- Lorsque vous entrez dans un bar, visez les tables qui tournent, elles sont vachement plus drôles bien que plus dangereuses !

- Si vous trouvez le moyen, faites vous inviter à manger chez des éleveurs de vaches et demandez leur dernier veau en goulash. Mixos fut succulent, paix à son âme. Tant qu'on est au chapitre de la bouffe, prévoyez des intestins en acier ! Après avoir fait le tour des spätzle, cornichons sucrés, cassoulet, strüdel de tout et n'importe quoi, soupes de toutes les couleurs, leurs frites d'altitude si goutues, et les pâtes de 6 heures du mat' , il y a fort à parier que la ventilation des chiottes tournera à plein régime. Pour les amateurs de bières, la remarque précédente compte double. Ah si une déception, je n'ai pas eu l'occasion de gouter un kebab autrichien !

- Parlez aux portes, il arrive qu'elles vous répondent ! Nous en avons fait la surprenante expérience dans la rue du Prometheus. Ce bar aux allures de repaire (ah oui, point orthographe, j'ai appris qu'un repaire s'écrit avec 'ai' s'il n'est pas orthonormé) de métalleux gothiques offre plusieurs avantages bien appréciables : il ferme tard, il a des murs utilisables pour y laisser des messages inutiles, on vous y offre à boire, les toast du bar d'en haut sont succulents, la cuisinière sympathique, et ils laissent même trois français bourrés chanter à tue-tête "Amsterdam" de Jacques Brel à 6h du mat' le 1er janvier 2008. Retour mémorable sous une neige incessante et doucereuse, mes pieds ensandalés s'en rappellent plutôt bien, les voitures sur la route aussi !

- Enfin, comment clore ce petit résumé d'un bonheur éphémère sans parler de l'hospitalité, la gentillesse et le dévouement de nos hôtes : Ali, Heidi, Irmi et Julia. Vous fûtes tour à tour, nos piliers de comptoir, nos partenaire d'escapades aérées, nos adversaires de billard, nos psychologues, nos cuisinières tardives, nos guides culturels et touristiques, et bien sûr nos interprètes. Merci pour le café et la bonne humeur. On revient quand vous voulez pour faire le ménage !

Bonne année à tous

Laurent

Pictures

Irmi
Pierre was here
Heidi rules the dancefloor
Heidi's got a friend
 
 

2 Comments

February 21, 2008
Bravo Laurent! Mais au boulot maintenant sinon le Queyras sera comme un graphe sans sommet pour toi mon bonhomme, inexistant!

J'déconne!!! (ou pas...)
Bobo:
February 21, 2008
Pinaise ça déconne pas par chez toi...

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