Ca commence un vendredi soir, ça finit un dimanche après-midi, c'est dur, c'est long et ça fait mal si on fait pas gaffe. Ca se joue à cinq pour que ce soit marrant et ça s'appelle le Raid INPG.
Revue des troupes de la Raid'FS :
- Antoine (Toinou, Toto, Tonio) : petit mais costaud, super patate, il se distingue surtout par sa capacité à faire caca pendant les courses d'orientation. phrase préférée : "Eh les gars, ça vous dit on court ?"
- Boris (Bobo, Tavaritch) : plus grand, plus costaud, il se distingue surtout par une paire de mollets gros comme tes cuisses. phrase préférée : "Ca manque d'esprit de compétition dans cette équipe !"
- Grégory (Greg, l'enclume) : moins grand, plus costaud, il se distingue surtout par sa capacité à supporter les crampes sur un vélo. phrase préférée : "Allez il reste 800m ... de dénivelée" (après en avoir monté 200)
- Laurent (ma gueule) : plus grand, moins costaud, il se distingue surtout par son enveloppe de lipides. phrase préférée : "Non !" (subséquente à la question : "Ca va ?" )
- Marion (-M-, Mama) : moins grande, moins costaud, elle se distingue surtout par sa tendance à se mettre à courir quand j'en n'ai pas envie. phrase préférée : "'tain Boris, t'énerve pas !"
Rdv vendredi soir devant la maison de l'INP. On choisit nos vélos qui nous suivront sur le parcours et on profite des quelques instants de répit avant le départ pour manger des pâtes et de la bière. Les cars arrivent, on file à Venosc d'où partira l'épreuve demain matin. Ambiance décontractée de rigueur sous le marabout des équipes 29 à 32 (en gros les équipes qui n'ont pas le podium comme objectif).
Le lendemain c'est le début de la guerre. Réveil à 5h30 pour un p'tit déj' qui passe moyen, dernières vérifications : Casques, OK ! polaires, OK ! eau, OK ! grosse patate ..... sans réponse ! 7h, c'est parti, les allumés partent devant comme des balles. On monte aux 2 Alpes sous les câbles du téléphérique. Là-haut, on récupère nos VTT, et la descente sur le lac Chambon à tombeau un peu ouvert mais pas trop quand même, se déroule sans problème majeur. 1er ravitaillement, le jus de pomme est excellent et les Balisto aussi (j'en prends une poignée pour la maison, manque de bol, je les mangerai tous sur la route). Nous attend ensuite la montée au col de Sarenne. Le vélo de Greg passe mal les vitesses, premier coup de pompe en vue. Ca pousse, ça tire, ça s'aide, c'est cool ! On arrive 24ème en haut du col, le soleil se pointe et on se plante de chemin. Bobo - "A droite !!!! les gars à droite !!!!!" Nous plus loin - "Et merde !" On coupe plus ou moins court à travers champs pour arriver à la super épreuve à la cool qui sert à rien : le bike-board. Bon je passe sur la suite pour arriver au moment intéressant. Pour résumer : ambiance soleil, chemin terreux, Antoine veut courir, moi j'veux pas : c'est moi qui gagne. Arrivée vers l'Alpe d'Huez avec déjà 2300m dans les pattes. La route se fait longue. Quand soudain, tel Jeanne d'Arc dans les forêts de l'Orléanais, j'entends une douce voix qui nous dit : "Hey vous-autres, contsinuez tou droêt pis y â le ravitaillement dans point trop longtemps !" pas facile à écrire mais vous l'aurez deviné : la bénévole sur le bord de la route est Québécoise !!! Ca fait un bien fou et la route se fait plus légère. Je m'en vais bouter les Anglais hors de France. La descente sur Vaujany est horrible pour mes genoux, ceux de Greg prennent aussi assez cher. On navigue à vue entre une piste de ski et un sentier introuvable. On retrouve les VTT et on arrive à Allemont sous le barrage. Résultat : 2800 de dénivelée positif et 65 km. Douche rapide, inspection de tous les endroits où ça fait mal, étirements sans grandes conviction et on va boire une bière au bar du village. Le repas agrémenté d'un verre de Fitou finit de nous faire passer pour des amateurs ! On est quand même 23éme à la fin de cette journée. Cette nuit je dors à la belle étoile, la journée de demain s'annonce pas très clémente --> 22h tout le monde dort !
Et voilà dimanche, tête dans le cul et cul dans le seau, difficile d'émerger pour se rendre sur la ligne de départ en vélo. au programme aujourd'hui : 10 bornes de VTT sur route plate pour s'échauffer, puis une première grimpette de 700m à pieds sur un sentier tracé au fil à plomb, j'essaie de faire comme si j'étais frais mais c'est pas le cas. La descente voit passer devant nous toutes les bonnes équipes à vitesse plus ou moins rapide. Et après c'est le trou noir. On arrive en bas, au milieu de nulle part. On me montre une falaise de 1200m et on me dit un truc du genre : "C'est là qu'on va !". Je ravale mes sanglots et on y va. J'en chie je retarde l'équipe ; Greg reste en permanence derrière moi pour éviter que je lâche (Gregory, ces lignes te sont dédiées à jamais), on croise une vipère qui fait sursauter Marion. Boris l'excite pour qu'elle bouffe les concurrents suivants. J'arrive hagard au ravito, on est quand même monté à 500m/h ! Je m'en serais pas crû capable. Repas sur le pouce, et c'est le départ de la CO (course d'orientation). Ca donne à peu près ça :
"Marion et moi attendons que ça se passe en suivant les trois chefs qui s'étripent
Boris- Ok la balise 2 est dans cette direction au niveau des arbres là-bas.
Greg- Attends file moi la carte. Bon on est bien là ? Alors Antoine, cours dans cette direction ! jusq'au p'tit sapin.
Les deux lurons partent en courant, trouvent une balise qui n'est pas la bonne. Pendant ce temps Bobo est de l'autre côté. Marion et moi assistons au spectacle depuis le chemin. Les trois se retrouvent au loin, échangent quelques infos et je vois Boris partir en courant à droite, Antoine à gauche et Greg reste planté au milieu. C'est très cocasse.
Antoine- Euh ça me saoule de courir pour rien, filez moi la carte !"
A partir de là, on trace au plus court vers la fin de la CO pour ne pas arriver hors délai. Antoine en profite pour relacher ses sphincters.
Au Recoin, on récupère les VTT et on file sur Grenoble comme des fusées, à peine ralentis par la remontée mal placée dans la boue. Arrivée ; Bonheur ... De courte durée, il faut encore courir comme des brutes pour le biathlon. Et enfin c'est terminé. Bilan : 2300m de dénivelée 67km et une grosse grosse bavante. Le mec sur la scène joue les Fugees version jazz nulle, il m'énerve ; une chanteuse arrive et chante par dessus, elle m'énerve ... mais c'est drôle.
On attend allongés comme des loques sur la pelouse jusqu'à ce que toutes les équipes soient arrivées et qu'ils annoncent les résultats. Je rentre fourbu à la maison. Ma coloc' me fait à manger... Merci !!
J'ai plus qu'à me mettre à fumer pour rétablir la balance !
Bises à tous.
Laurent, fourbu.
MàJ : les résultats du Raid.
Le Raid INPG.
May 13, 2007 - Grenoble, France
Pictures
4 Comments
Bobo:
May 15, 2007
Pas mal tout ça! Un bon résumé!
May 15, 2007
Quel récit épique! J'aurais adoré être là pour assister à vos exploits. J'attends avec impatience les photos!
May 16, 2007
Haha très drôle... N'empêche que du coup je me suis acheté un casque à vélo qui est encore plus beau que le tien, et toc!!




