Pirouettes, cacahuetes.

April 15, 2012

First text in french in this blog. Something about gods and peanuts, south india Kerala and ayurveda, elephants and dancers, tourists and business. After Kerala, a bit of Goa, then back to Nepal...
Enjoy:)


shivagiri

Sud de l'Inde, dans le Kerala, Verkala.

Une ligne bleu, l'horizon sans fin s'etend entre ciel et mer. Les bleus sont clairs et rose le soir. Il fait chaud, 35 degree, humide, un peu de vent sur la plage. Le sable est blond, l'eau de la mer transparente et douce, les vagues pleines de courant.

Il y a 10 ans de cela, il n'y avait ici que quelques maisons de pecheurs et un ou 2 restaurants servant du riz et des lentilles. Le vieux temple Janardhana, dedie a Vishnu le preservateur de la trinite hindouiste, se tenait depuis longtemps a l'entree du petit village sur la cote. Le tout berce entre rites religieux et les vagues de la mer repetant les memes vas et vient ancestraux. Tous les matins et apres midi, les familles indiennes viennent se recueillir. Les pretres bhramanes, cordelette sacree autour de la taille ou de l'epaule, se peinturlurent des 3 lignes demontrant leur control sur les 3 gunas. Tels des guerriers en bataille, ils recitent les prieres, brulent l'encense, un bout de noix de coco, 3 tours et puis s'en vont, pirouette cacahuete. Ici, on vient pour prier les morts, tout de blanc vetus, la couleure du deuil. Une fois par ans, un grand festival hindu rassemble nombre de pelerins, envahissant la ville de musique et de fete.

backwaters

Om Dhanyah: celui qui a obtenu ce qu'il veut, et donc est satisfait.

10 ans plus tard, la colline surplombant la plage est remplie de magazins et restaurants offrant tout ce dont le touriste moyen a besoin.
Les restaurants deballent les poissons grilles avec coucher de soleil sur la ligne bleue de l'horizon. Les magazins brillent de tissus chatoyants a la brise du vent, de bijoux, et de babioles souvenirs. Comme partout en Inde dans les coins touristiques, les nepalais travaillent dans les restaurants, les cashmiriens vendent les bijoux et les babioles sont reservees aux locaux ou aux familles indiennes venue du Kernataka ou autre etats, qui viennent faire le business de l'annee pendant la saison.

Le Kerala etant la naissance de l'ayurveda (du sanskrit ayu=vie et veda=connaissance), la medecine traditionelle indienne consideree comme la science de la vie, le petit village sur le bord de la mer offre cures a tout et a rien. Ici, vous pourrez guerir de tout, memes de maux que vous ne saviez pas existaient. Derriere l'aspect business, il y a bien sur de vrais cliniques miracles, ou des connaissances du passe sont confrontees aux techniques du monde moderne. Massages ayurvedic, yoga, meditation, l'Inde sprirituelle accessibles a tous, le tout dans un cadre agreable.



nightfestival

Les touristes qui viennent ici sont des bons poissons. Verkala attire une clientele plus agee ou la trentaine professionelle, c'est papa et maman en recherche d'un peu d'exotisme mais pas trop quand meme. La clientele a de l'argent. Entre journee bronzette a la plage, festival religieux avec elephants et decouverte des canaux qui traversent le Kerala, les poissons grilles se vendent bien a 300 rupee l'assiette minimum, c'est a dire 5 euros pour un superbe poisson, frites, salade. Les chambres vont de 300 rupee aux 4 etoiles, il y en a pour tous les gouts.
On peut admirer les formes kathakali, la danse traditionelle du Kerala qui deviennent l'histoire d'une nuit, en chairs et en os, les scenes du Ramayana, du Mahabharata ou bien des Puranas. Un combat a l'origine des arts martiaux, le kalarippayat, vous fera remonter jusqu'au 12 ieme siecle avec ses combats au baton.

Om Anisah: celui qui ne peut avoir de maitre au dessus de lui, personne n'est son maitre.


Autre les touristes de base, il y a la faune qui vient ou vis en Asie depuis des annees. Des vadrouilleurs, drogues a ceci ou a cela, des familles ratees, des Hemingway a la pelle, des depressions nerveuses cachees sous les masques de toutes les derives du bonheur exotique, des fous de dieu, des oublies de tous. Tous ces gens la se retrouvent a la maison dans les coins perdus du monde. Il y a aussi une petite minorite qui a reussie a s'adapter, a "digerer l'Asie" comme on dit, et c'est un repas duquel peux sortent intactes. Le plus souvent maries a des locaux, ils font restaurants, hotels et autres business en famille. Ni blanc, ni asiats, ils sont une plaque tournante du croisement de 2 cultures aussi riche l'une que l'autre.
C'est ca aussi la vie de l'aventurier, c'est de rencontrer toutes les facettes de l'ame humaine en perdition, se cherchant elle meme, a travers l'immensite du monde et de ses couleurs.



katakaridancers

Om Visvayonih: la source de l'univers.

"Les gens ne viennent plus en Inde pour decouvrir l'Inde, ils viennent pour surfer le net et chatter avec les potes" dit un canadien beurre sur une terrasse. La 50 ene, se faisant un trip a la Hemingway, le mec pense etre le prochain genis litteraire du canada avec un livre denoncant les horreurs faites par les pretres catholiques aux populations locales. Entre la biere du matin, celle du midi, et les bouteilles du soir, il barbouille son cahier de lignes noires.
"Je suis tombee de la falaise un soir" me raconte t'il dans une soiree de beuverie partagee avec lui. "C'est rien, tu vois le type las bas? C'est Steve. Lui il est carrement tombe de la falaise, a fait 2 jours dans le coma sur les rochers avant qu'un pecheur le trouve, puis 3 jours de coma a l'hopital. Il a de la chance de pas etre mort. Il a perdue quelque neurones, mais bon, ca va." L'Hemingway canadien remplis son verre de biere, puis remets la bouteille sous la table. Le village est repute etre sec, pas d'alcohol, il faut donc faire semblant de ne pas en servir, meme de mettre la biere dans un pot de the, si cela fait assez chic. Les locaux eux, vont au magazin d'alcohol  pour se remplir en whiskey dont ils sont tres friands, mais ca il ne faut pas en parler, parce que ici, comme partout en inde, il n'y a "pas de problemes". Les femmes se font battrent, les maris boivent, mais tout va bien...Les journaux appeleront les familles qui s'entretuent des "accidents de cuisines" dans la section faits divers, juste avant la page de demande en marriage, toutes les annonces repertoriees par tintes de couleures de peau bien sur.

durga
"Je suis ici parce que c'est pas cher, ca m'interresse pas du tout leur culture. Je suis ici pour les exploiter" fini un Hemingway plus beurre que d'habitude. Je lui dis au revoir, lui souhaitant bonne chance pour son livre denoncant les brutalites des pretres catholiques. Hemingway est un vieil alcolo juif, il sais tout sur tout, il a trouve le code qui habite l'esprit de tout les etres psychotiques, code que bien sur il ne peux partager sous peine de represailles divines.
Seul le dieu juif est le vrai, mais ca, lui seul l'a compris, bien entendu...Le manque d'originalite, de liberte, de creativite de l'esprit humain prends des formes bien ennuyeuses. Certains diraient qu'Hemingway est un vieux con, d'autre un genie, ca depend des humeures, mais surement un vieux con de genie.

verkalapuja

Om Akrurah: Celui qui est sans cruelte, libre de desirs, libre de colere.

Pendant ce temps l'appel a la priere musulmane resonne sur la colline, se melangeant aux oiseaux et criquets du soir. Les festivals hindus paradent dans la rue, les dieux habilles en hommes et maquilles en tigres dansent et chantent. Les scenes des livres hindus prennent vie dans de grandes marrionettes animees, chaque scene tire par une voiture, le tout dans un ensemble cacophonic de lumieres et de sons. Kali decapite les mechants, des tetes ensanglantees a ses pieds, elle tue votre faux egos. Durga, assise bravement sur son lion, l'epee a la main, tue les demons. Shiva et Parvati roucoulent tranquillement devant une montagne. Sita, enceinte de jumeaux, prie et pleure pour le pardon de Ram son mari roi qui l'a viree de la maison.
Une deesse locale mange la tete d'un autre demon. Les enfants aux grands yeux regardent le defile passer dans les bras de leurs parents. Les danseurs transpirent et dansent dans leurs costumes. Le sud de l'inde est riche en culture et couleures, les festivals sont l'illustration parfaite de la pensee hindu, un combat violent et permanent entre les forces du bien et celles du mal, le tout dans un chaos sans commencement ni fin.
Une nonne catholique regarde tout cela passer pensant a Jesus. Les temples hindus, musulmans et catholiques ressemblent a de la barbe a papa mielleuse et collante. Rose bonbons, poitrinnes enormes, minarets et un grand Jesus dore montrent tous le chemin du ciel. Les dieux mangent les hommes par prieres et offrandes interposees, il y en a pour tous les gouts, a vous de choisir, les dieux ne veulent que votre vie pour l'eternite.
Le communisme du brouhaha religieux vous attrape dans sa prison ou bien vous libere en atheiste confirme. C'est aussi ca l'Inde. La betise mervielleuse des religions, l'absurdite de tous ces dieux et mantras et autres hypnoses. Des milliers de drogues a tels et tels idoles de pierres et de larmes. L'enfer est un endroit fait de beatitude et de certitudes depassees. Prions pour supporter cette torture qu'est la vie disent les pretres. Prions, mais surtout ne faisons rien pour changer notre vie, repetent les fous.
"L'Afrique, c'est visceral, c'est les tripes. L'Inde c'est la tete, c'est tout mental" me dit une vieille prof de yoga du sud de la france ayant fait le tour du monde en plusieurs vies. L'Inde, un truc cerebral, possible...



elephant

Om Tarah: celui qui libere les etres de la peur de renaitre dans le ventre, de la vieillesse et de la mort.


Pour accelerer les choses d'un pays le cus entre 2 mondes, la technologie arrive rapidement. Il y a 3 ans de cela, le wifi est arrive. Tous les restaurants et guest house, chambre simples ici appelees "resort", s'y sont mis, acces gratuit pour tous. On vis proche de la nature, le vent dans les feuilles de cocotiers, et on parle a son amoureux, a l'autre coin du monde. La plupart des touristes ne parleront jamais aux locaux, sauf pour commander le repas, ou partager les banalites usuelles. La plupart des touristes ici ne gouteront jamais a un vrai repas indien, ni aux gourmandises faites de sucres et de lait qui ornent les etageres des pattisseries en ville. Ils repartiront la tete remplie d'images de cartes postales et de sourires charmeurs derrieres lesquels se cachent souvent une grande misere et desir de changer des choses qui perdurent depuis 5000 ans.
Le guru local Sree Narayana Guru, a fait ce qu'il peut, ecrivant contre l'ignorance qui creer le systeme de castes et l'absurdite des religions qui se battent les unes contre les autres. Mais le temps prends bien du temps a prendre son temps comme me le fait remarquer Bujee, alors que nous visitons l'ashram Shivagiri pendant un marriage. "Ces marriages sont pour les gens de basses castes. Dans ma famille, on ne se marie pas ici" m'explique Bujee, un local d'une cinquantaine d'annees, qui pourtant me vante les merites du guru. Tout ce que dis le guru est bien, c'est un grand homme, il a fait des grandes choses, mais de la a changer nous memes et a suivre ses enseignements, c'est un pas difficile a franchir...



C'est dans les coins perdus du monde que se retrouve le monde. Tournant en rond, on n'y trouve plus de coins, la terre est bien ronde, elle tourne sur elle meme, encore et encore, comme les vagues reviennent a la mer.
En Inde, ou en Ardeche, l'argent reunis les pauvres et les riches, chaqun avec ses illusions de ce que l'autre est ou n'est pas. Chaqun repartant avec les idees qu'il voulait se fabriquer, chaqun son reve sous la main, apres tout "business is business"...ainsi va la vie, pirouette, cacahuete...Le paradis en solde "morning business", c'est pas cher mon ami...

sunset2

De mon cote, je me coupe les cheveux la premiere nuit de retour en Inde. Look court , moderne un peu sauvage. 5 ans de memoire de coupe. Je commence a tatouer, testant la machine et le bamboo. Je relaxe, nage, lis et plonge encore une fois avec krishnamurti, mange du poisson grille sur la plage. Sieste, coucher de soleil, relaxe, et un peu de marche le long de la colline. Un temple, une biere ici et la, discute de ceci et de cela. Je suis en vacances...pirouette, cacahuetes...

Om Anadih: celui qui n'a pas de commencement parce qu'il est la source ultime de Tout.

Bienvenue a Verkala dans le Kerala, sud de l'Inde...

Om nama vishnu om.

Citation des 1000 noms de Vishnou sahasranama.


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