Les mines de Potosi...

May 26, 2011

Le lendemain seulement (13 mai) , nous voila arrives a Potosi. J'aurais du m'y rendre des septembre 2010 pour y effectuer une mission ONG... mais la mission avait ete avortee car comme souvent, les besoins avaient ete mal definis. Je devais equiper un atelier de couture, a 15 km de Potosi, en electricite grâce a l'energie solaire photovoltaïque  mais il s'est avere qu'il n'y avait que des besoins en chauffage et eau chaude... ce qui ne necessitait non plus l'installation de panneaux solaires photovoltaïques mais plutôt l'installation de panneaux solaires thermiques et donc des competences de plombier au lieu de celles d'electricien... Mais je ne regrette pas cette experience car pour me former a cette mission ONG, je me suis familiarise au monde de l'artisanat que je souhaite rejoindre par la suite... et j'ai rencontre une personne qui m'est chere et que je n'aurais pas eu l'opportunite de rencontrer si j'avais ete en Bolivie pour effectuer cette mission.
C'est donc avec une certaine melancolie que je decouvre cette ville, perchee a 4 200 metres d'altitude. Potosi etait l'une des villes les plus riches et plus peuplees au XVIIIeme siecle grâce a l'extraction d'argent du Cerro Rico. La ville a de beaux restes, l'architecture coloniale y est riche, diversifiee et tres coloree...
La montagne du Cerro Rico a neanmoins ete tellement travaillee au cours des derniers siecles qu'elle est aujourd'hui creusee de toutes parts... Nous avons pu visiter la mine en compagnie d'un guide ex-mineur. Le matin, nous achetions au marche : alcool, tabac noir, feuilles de coca et dynamites pour les mineurs... avant de penetrer dans les arteres de la mine pour discuter avec Rene et Alejandro, 2 mineurs qui avaient resiste a la fete hebdomadaire du vendredi soir. En effet, seuls 10% des mineurs travaillent le samedi - les restants degrisent... Nous regarderons le soir-même "El minero del diablo", un film bouleversant centre sur la vie d'un mineur de 14 ans qui fait vivre a lui seul, toute sa famille. C'est un film que je recommande a tous, les photos sont egalement tres belles.
Avant notre entree dans la mine, un guide me dit en rigolant que je ressemble a un espagnol avec ma barbe. Je prends la remarque a la rigolade sur le moment, mais le soir venu apres avoir visionne le film, je me rends compte que oui, du fait de mes origines espagnols, je suis un des descendants des colons qui ont force et entraine vers la mort des millions d'indigenes. On raconte que plus de 8 millions de mineurs ont trouve la mort dans la seule montagne du Cerro Rico, qui me fait face en ce moment-même. 15 000 mineurs occupent encore ces mines et parmi eux, 800 enfants... La mine appartient au monde de Satan, nous disent les mineurs. Chaque mine connaît son Tio (Dios en fait, mais le "D" n'existe pas dans la langue Quechua). Le Tio, c'est Satan. Dehors, c'est en Jesus qu'ils croient. Les mineurs pensent que s'ils ne fournissent pas assez d'offrandes au Tio, ce dernier les punira ensuite. Le sol des galeries est jonche de bouteilles d'alcool a 96 degres... En croyant a Satan, je me laisse a penser qu'ils cherchent l'autodestruction des lors qu'ils posent le pied a l'interieur de la mine. C'est en 2 mondes bien distincts qu'ils croient. Seule l'absorption de la coca peut leur faire endurer la durete de leur labeur quotidienne. Pour se nettoyer les mains afin d'avaler les feuilles de coca (le minerai ou la terre extraite peut contenir de l'arsenic), ils se pissent dessus... Ils nous racontent egalement que lorsqu'il y a trop de substance toxique dans l'air, ils avalent leur pisse qui se revele etre le meilleur remede. A partir du moment ou les mineurs commencent a travailler dans la mine, leur esperance de vie est estimee a 10 ans supplementaires... La seule raison pour ces mineurs de travailler encore, nous disaient-ils, c'etait parce qu'ils etaient payes proportionellement a la quantite/qualite de minerai rapportee. Ainsi, ils ont toujours l'espoir de pouvoir "gagner au loto" en allant a la mine.

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