2 mois de voyage

May 22, 2012 - Sydney, Australia

 

Jour 1 : Newcastle.

Je me rends compte d`une chose evidente, je voyage seul et pour la vraie 1ere fois. Etrange sensation mais loin d`etre déplaisante pour le moment. C`est dans ma tente, avec un petit jazz Australien dans les oreilles, melangé au son du fracas des vagues (le jazz, c`est juste pour me rendre plus interessant, sinon non, j`en suis toujours pas grand fan) et a la lampe frontale, que je me lance dans le recit d`une journée a Newcatle.

C`est pas la ville que tout le monde reverait d`habiter, cependant, elle attire de nombreux artistes de rues qui se produisent dans le vieux centre ville. C`est agréable d`érer entre les facades delabrées sur un air d`accordeon. Meme avec 20 kilos sur le dos. Je déambule donc de plage en plage a la recherche d`un camping. Apres 4h de marche, une dame m`appercoit de son jardin, inquiete de mon état et me demande d`ou je viens. - `Sydney` . - `No, which country ?` Je suis décu, mes cheveux longs tirant sur le blond et mes pieds nus, ne suffisent pas pour etre ranger d`office avec les Australiens. Pourtant j`y travaille. Elle ne me propose pas de planter ma tente dans son jardin, decu de nouveau. Décidement, elle a bien fait de m`aborder celle la, je poursuis donc mes recherches. Trouvé ! Il est maintenant 21h, cela fait 39h que je suis en éveil. On a trinqué une derniere fois, a nous, a Sydney, hier soir avec les anciens collocs. Je n`ai donc pas le courage d`aller prendre le pouls au camping ce soir. Demain, départ pour Port Macquarie.

Jpeux éteindre la lumiere ? Bonne nuit...

 

Jour 2 : Port Macquarie

Il pleut. Je trouve rapidement une chambre pour 10 dans un bacpacker, pose mes affaires et pars pour une visite des environs. Une track traverse une foret ou sont censés habiter des koalas et prend fin sur une plage a dophins. Aux arbres sont uniquement pendus des milliers d`énormes chauves souris. Je m`enfonce un peu plus, la nuit approche, les chauves souris hurlent, des opposums traversent furtivement la piste, il pleut... glauque atmosphere. Je vais finalement trouver refuge au centre commercial du coin et m`achete un mars. Much better.

Retour au backpacker, la chambre s`est peuplée de 9 nanas. Chouette rencontre avec 2 australiens de la chambre voisine. Demain matin est prevue une session bodyboard ensemble, puis je prendrais la route pour Coffs Harbour.

 

Jour 3: Port Macquarie / Coffs Harbour

Il pleut... Mais la motivation de la veille est toujours presente. Apres un petit dej` a volonte offert par l`hote de maison, auquel je rentabiliserai le prix de la nuit, on part donc bodyboarder quelques heures. "Fucking Awesome !" comme ils ont dit.
Départ dans l`apres-midi pour Coffs Harbour. Le guide parle d`une des grandes destinations touristiques, d`un port agreable et de belles plages. Etat des lieux, surprise, il pleut. Il fait nuit, je trouve un backpacker a l`écart de la ville dans lequel sont gravés "13 Marseille" et "PSG" sur la porte des chiottes. Je mange et fais les plus étranges rencontres de mon sejour Australien. La palme revenant au duo de true aussis guys, pere et fils, totalement fais comme des ours. C`était marrant jusqu`au moment ou j`ai appris qu`ils étaient mes collocs pour la nuit. Quand le pere hurle a son fils a 2h du mat` sans arret "Kiss my ass bitch", bah c`est vite lourd. Je m`endors



Jour 4 : Coffs Harbour

Reveillé a 5h par les ronflements intenses des 2 lourdeaux, je ne ferme plus l`oeil. Je vais donc me degourdir les jambes le long de la cote, nuageuse, mais neanmoins jolie. Je rentre pour midi, manger mes pates sans sel ajouté. Ils se joignent a ma table. Le pere me raconte la perte de son job, sa femme et son chien en 6 mois, sur un air d`harmonica en fond sonore, que diffuse la radio locale. C`est pas le repas le plus joyeux que j`eus connu. Je ne suis pas triste a l`idée de quitter la ville ce soir pour Byron Bay. En plus ma pote Sue me rejoint la-bas, ca c`est cool, parce que demain, demain, demain... !!!!!!!

 

 

Jour 5 : Byron Bay

… SKYDIVE !!!!!!

L`arrivée a Byron Bay n`a pas contourné la regle : “Il pleut + Il fait nuit = Backpacker” qui s`impose comme la combinaison officielle de ce debut de voyage.

Sue est presente au rendez-vous. On est soucieux du temps… elle a booké un A/R en avion depuis Sydney pour un skydive qui menace d`etre annulé.

Plongeon prévu a 7h30, coup de fil a 7h pour prevenir du retard, en attendant une evolution favorable du temps. De meme a 8h, 9h, 10h, 11h, 12h, 13h… dernier essai a 14h me dit la dame au tel. 14h, confirmation ! Gros soulagement et un soleil radieux en prime ! Hurlement de joie, avant de se calmer tres vite. On réalise qu`on va sauter… et qu`on aurait peut-etre pu éviter le subway footlong meatball sauce BBQ… La machine se remet en marche, ca brasse a mort dans l`estomac.

Quelques instructions rapide dans l`avion qui prend beaucoup trop d`altitude a mon gout…m`enfin, ils doivent savoir ce qu`ils font. Moitié chemin me dit l`instructeur en regardant son altimetre qui indique 2km. 2km plus haut donc, ouverture de la porte. Le premier tandem saute et disparait dans un dernier cri.

C`est mon tour. Les jambes dans le vide, je contemple le tableau. Je baigne dans un curieux mélange d`excitation et d`angoisse et sens mon Coeur percuter ma cage avec violence. 3 interminables secondes avant les 60s de chute libre, durant lesquelles j`ai épuisé tout mon lexique de jurons. Un condensé de plaisir pur jus !

On ira célébrer notre exploit a coup de Victoria Bitter sur la plage de Byron Bay, avec le couché de soleil en toile de fond. 3 allemands se joignent a nous, tres cool, on devrait se retrouver a Brisbane.

 

Jour 6 : Byron Bay

Rien de comparable avec la journee precedente. On maintient le taux d`adrenaline en se passant les videos du skydive. C`est donc une journée relax aujourd`hui : Baignade, visite des environs, et baignade… avant de terminer doucement par une longue soiree uno autour d`une biere, avec 2 toulousains que Sue devait faire repeter 2 ou 3 fois avant d`assimiler l`anglais du Sud-Ouest.  Byron, c`etait bien sympa !

 

Jour 7 : Surfer`s Paradise

Une ville qui ne porte pas bien son nom vu le petit nombre de surfers dans l`eau.

Y`a des jours ou devrait pas se lever... les catastrophes ont commencées tres tot par une montée soudaine de l`eau lors d`une promenade matinale sur la plage. Mon téléphone y laissera sa vie, l`appareil photo et le portefeuille ont juste bu la tasse.

Surfer`s Paradise, c`est un peu notre cote d`azur et ses barres de béton. Je passe la matinée a harpenter les rues en quete d`un portable, mais en vain. C`est ennuyeux, j`ai 2 appels importants a passer aujourd`hui dernier delai pour confirmer des activités bookées. En prévision de ces appels, j`ai chargé mon crédit a bloc la veille. C`est rageant de ne pas pouvoir s`en servir et de payer 1$ la minute en cabine telephonique... j`apprends au tel qu`une activité est repoussée de 2 jours, jour ou je quitte la ville. Je vais profiter du soleil sur la plage, ca me fera du bien. Je m`appercois de l`oublie de matos de baignade au backpacker de Byron Bay...   F***K ! ...Puis j`ai faim, j`ai chaud, j`ai mal au dos, envie de pisser ! Voila, marre!

Je profiterai de la douceur de la nuit, pour trainer dans les rues éclairées armé de mon appareil photo. Soirée donc reposante en mon unique compagnie.

 

Jour 8 et 9 : Brisbane

Arrivé de bon matin dans la capitale du Queensland, je sillone la ville, a la recherche d`un fichu portable.Une arrivée familiere donc.Recherches qui seront ralenties par les nombreuses prestations musicales dans les rues. Je retiens surtout ce groupe locale dont l`accordéoniste est une ancienne de "The cat empire". Je me tais et admire.
Je trouve enfin le graal en fin d`apres midi pour la coquette somme de 80$ (Soit 3 nuits en bacpacker, 67.79 kg de pates ou 26.84 kg de pommes... je résonne comme ca maintenant). Donc je me la pete en ville, je simule des appels pour bien mettre en valeur mon portable dernier cri. Y`a meme un reveil dessus, c`est pour dire !
Je me consacre enfin pleinement a Brisbane et son rythme urbain décontracté ou les immeubles modernes cottoient les vieux édifices. La nuit tombe, les pieds dans l`eau bleue du lagon artificiel et les yeux rivés sur les grattes ciels illuminés, je me laisse bercer sur des accodrs de jazz. Just relax...

Au backpacker, tout le monde s`apprete a dormir. Tous ? Non, un jeune Taiwanais, encore sous l`euphorie de son arrivée en terre Australe, ne semble pas décidé a dormir. Il me harcele de question de son anglais cabossé (ah ah, c`est la que je me sens bon). Je lui ressorts les 3 mots Taiwanais que Sue m`a enseignés et lui demande s`il habite la seule ville que je connais, Taipe. Twingo ! Grand sourire aux levres, il est fier de la reconnaissance mondiale de son ile. Il peut donc se coucher tranquille et moi aussi par la meme occaz`. Je me sens vieux et sage ce soir.

Le 9eme jour, je rejoins les 3 Allemands de Byron Bay. On se greffe a un groupe lors d`une visite guidée gratuite. Le guide est ennyeux et me concentre plutot sur la musique live que j`entends au loin. Je boue... j`aurais tenu 30 min avant de lacher le groupe. Programme chargé entre concerts et baignades en alternance. Tiens, une enseigne affiche "FREE BBQ tonight" a l`entrée d`un pub. J`en informe ma collegue de chambre hollandaise qui se joint. Sur place, on nous convie a un apéro gratuit qu`on partage avec une foule de jeunes travellers de divers horizons et divers opinions. Mais on sera tous d`accord sur un point concernant la médiocrité du vin. Rencontres en pagaille, ambiance au top, je reste la majeure partie du temps avec un bon groupe qui se dissipera un peu avec le temps et la fatigue. Je finis la soirée aux cotés de l`hollandaise et d`une Canadienne, y`a plus a plaindre que moi.
Brissie a été mémorable et la quitte déja demain !

 

 


Jour 10 : Mooloolaba

Une pomme avalée en vitesse en guise de petit dej`, que je partage avec une francaise cool et un francais tres con, et hop, cap au Nord, Mooloolaba, me voila.
Mooloolaba, c`est... well... c`est ok. C`est assez grand mais on sent qu`on peut rapidement tomber dans l`ennui. La vieille dame derriere le comptoir du centre infos n`aura fait que confirmer mon impression. Trop heureuse que je la questionne sur l`emplacement des accomodations, elle s`empresse de tous les marquer sur une 1ere carte, puis sur une plus large pour finir par une carte de l`immense région du Queensland. Carte peu utile donc, mais la dame a l`air satisfaite. Elle me propose de tous les appeller et faire un comparatif. 30 min que je suis la et toujours personne d`autre que moi. Avant de partir, elle me donne un bon pour une session de stand-up paddle. That`s cool.
15h, j`ai la dalle, je fais le fou, je mange mes 2 tomates. Réserves épuisées et regarde le paquet de sel restant sans trop d`enthousiasme. J`ai faim.
Malgré un temps propice au camping, les 40$ demandés pour une nuit en tente dans un camping tres basique, me dirige sans trop reflechir vers un backpacker. Mis a part mon unique collocataire que je soupsonne d`etre le tueur d`enfant de la ville, je fais quelques rencontres ok avec qui je passe une Soirée ok. Rien de palpitant. 1H du mat`, j`ouvre la porte, le tueur ne m`attends pas debout dans le noir, il dort. Tout va bien, en espérant me réveiller demain.

 


Jour 11 : Mooloolaba / Noosa

Bonne nouvelle au réveil : le tableau affiche "FREE BREAKFAST !". Je fais le plein. Tiens, je sens ce coupon pour le stand-up au fond de ma poche. Je fais donc une petite promenade bien agréable d`1H sur la riviere qui arrose Mooloolaba. Retour au backpacker, je vois des surfs en libre-service. Nickel, j`ai un peu de temps pour aller surfer le pacifique.

 

2H de surf plus tard, je dois prendre mon bus pour Noosa, mais le soleil et l`eau a 25C me disent que j`ai le temps. C`est la derniere fois que je les écoute ! Je saute dans un bus, apres vérification qu`il ne partait pas pour Périgueux.
16H Noosa. J`ai faim et commence a envisager le sel. Je parviens tout de meme a trouver une supérette ouverte en ce jour férié. Joyeuses retrouvailles avec tomates, bananes et pommes. Sur le plan de Noosa que j`ai récupéré est indiqué un camping. Je le montre au chauffeur du bus qui pointe son doigt ailleurs. J`insiste, il semble avoir compris ou je voulais aller. Il a quand meme reussi a me faire descendre 2km trop tot. Grrr !!! Bon bah j`aurai un appercut de la ville comme ca. Et un chouette appercut !
22:30, j`ai faim. J`ai peut etre pas acheté assez en regardant ma pomme et ma banane restantes. Non, je ne craquerai pas, il me faut un petit dej` pour demain.

 

Jour 12-13-14 : Noosa

Noosa, c'est paumé. Aujourd'hui démarre mon séjour de 3 jours/2 nuits dans un bush-camp isolé, histoire de se perdre un peu plus. Le principe consiste a vivre a la dure dans une imitation d'un camp aborigene (a imaginer en enlevant le billard et les cubis de rouge posés sur le frigo). Des canoes sont a disposition. Nous partons a 3 embarcations triplaces découvrir les abords de la riviere. Petite rando de 14 kms malgré tout.

Le lendemain est prévue une autre rando, mais la pluie battante nous démotivera, meme les moins courbaturés d'entre nous. Ce sera donc une journée cartes et films. Boarf, c'est bien aussi. La rencontre de 2 allemands et d'une francaise, que je salue si un jour elle passe sur ce blog et les moments passés avec eux, feront de ce séjour un moment tranquille et agréable.

 

Jour 15 et 16 : 1770

Arrivée tardive a 1770, je trouve un bacpacker ou seuls les cafards partagent ma chambre ce soir la. Le free breakfast et son pain couvert de champignons ne rattrapera pas la chose. Mais ce ne sera pas ce que je retiendrais de 1770.

Décollage de 1770 pour une ile déserte. L'avion n'inspire pas une franche confiance et apres quelques frayeurs volontairement provoquées par le pilote, les 2 suédois et moi meme, qui formont l'équipage, arrivent sain et sauf.

En effet, c'est désert ! Le décor est donc tres vite vu mais la visite n'a pas manqué d'animation pour autant. La présence des Suédois y est pour beaucoup. Du genre a se battre pour un bout de bois trouvé sur la plage, chacun prétendant l'avoir vu en premier. Et quand vient le passage en foret, Yvain et Gauvin sursautent et hurlent a chaque bruissement de feuilles. Imaginez donc la tete des deux apres etre tombés sur un iguane d'1m. Le bout de bois a d'ailleurs été cassé a ce moment la.

Apres 2h encadré de tic et tac, je m'en vais pour un petit footing sur la plage. Je suis maintenant a l'opposé du campement. La plage déserte est éclairée par la lumiere orangée d'un soleil fatiguée. Le vent atténue la chaleur et caresse le sable pour former des trainées. Je me sens loin de tout. La température clémente de l'eau m'incite a quelques brasses. Je me laisse trainer la ou le courant me mene. Seul. C'est magique. On m'a quand meme prévenu de faire gaffe aux requins ici...

Sur le chemin du retour, le canoe trouvé a moitié échoué a l'allée, est toujours présent. Il peine a flotter, mais apres une bonne vidange, il semble opérationnel. Je remonte donc les 2kms qui me sépare du camp a la paggaie, contre marrées et vents. Ah ah, nan, mais si sérieux, y'avait un peu de courant quand meme. Premiere expérience de sea kayaking, résultat, je chavire a l'infini sous la puissance des vagues. Je trouve moyen de m`entayer le bras et le mollet avec la paggaie et perd mon bandeau dans la bataille. Pauvre gars, 2 enfants... 8 et 6 ans... chouettes gosses... anyway, les 500 derniers metres sont plus tranquilles. Je peux voir projetée mon ombre pagayant vivement, dans l'immense étendue d'eau. Dans ces moments la, je regrette de ne pas avoir investi dans une Go pro. Les biceps gonflés par la rame, je sors de l'eau, le canau a portée de main et le corps en sang devant le regard ébahi des Suédois qui m'avaient pourtant vu partir a pied. Ah ah, claqué mais fier.

Un feu de camp cloturera cette journée parfaite.

 

Jour 17 : Mackay

Le bus de nuit, c`est trop bien ! J`économise une nuit en backpacker, par contre faut pas espérer dormir. Surtout a coté d`un bete au bon quintal. Je me prévois donc une matinée do do sur la plage. Sauf que arrivé a 5h a destination, je n`avais pas pris en compte le facteur pluie. Et l`arret de bus se fait a une station service, assez peu aménagé pour y dormir. Je m`y tente malgré tout, posé sur le banc, aidé par les vapeurs d`essence. Poliement, le pompiste exprime son désaccord. Fine ! Apres un temps de recherche, je constate que ces cons d`australiens construisent des abris et les bancs a coté. Prochaine surface couverte et horizontale que je vois, m`en fous, je lui dors dessus. L`aire de jeu et son toit percé est ce m`a inspiré le plus. Elle fera l`affaire durant 3h. Je me réveille trempé.

Journée course et bibliotheque ! Exciting ! Je me retente une sieste dans l`aprem mais 3 mecs me réveille "Fais gaffe aux flics mec". Ils m`expliquent au`en australie, du moins a Mackay, il est pas conseillé de s`allonger entre 8h et 18h. Nouvelle info. Je croise en effet la ronde de flics qui veille a ce que tout le monde soit bien en position verticale, bien stable sur ses appuis. Sinon c`est 200$.

Bref, Mackay ou la ville la moins touristique de la cote est, j`y étais. Et comme le bus de nuit, c`était tellement bien, je le reprends ce soir ! :)

 

Jour  18 : Airlie Beach

J`y ait posé mes bagages hier soir, j`y reste également ce soir. Une journée de sédentaire donc. Quartier libre aujourd`hui. J`en profite pour faire toutes les choses que je ne fais pas quand je dois prendre le bus dans la journée. Comme une lessive par ex. Je me sens tout neuf, ca fait du bien.

J`essaye de joindre Kim, ma collegue cinquantenaire qui bossait avec moi a Sydney. Elle vit ici a présent et m`a proposé de m`heberger. Injoignable, je réserve une nuit de plus au backpacker. Elle m`appelle dans la soirée. Je perds une nuit, mais elle m`invite au restau pour compenser. On se rappellera les mauvais temps.

 

Jour 19-20-21 : Whitsundays Islands

Kim m`amene au port de Airlie Beach car ce matin je pars en croisiere. Je fais rapide connaissance avec le groupe des 22 nanas et 5 gars avec qui je vais passer les 3 prochains jours. Je retrouve d`ailleurs les 3 norvégiennes rencontrées a 1770. Ca s`annonce déja prometteur.

Les voiles sont levées, prete a nous porter au coeur de l`archipel des whitsundays et ses 74 iles flottantes sur la grande barriere de corail. Nous faisons escale le premier jour sur la plage d`une ile inhabitée. Combi, masque, harnais, bouteille et c`est parti pour ma premiere session de plongée sous marine. La grande barriere s`est donné a fond pour m`en mettre plein les yeux. C`est immense ! Ariel et la petite sirene ne ment pas, la faune et la flore marine chantent en coeur "sous l'océan". Les coquillages, gros comme des meubles, se referment quand tu t`en approches. Fin c`est dingue, ils sont ou les yeux ?? Tout est vivant, tout t`observe. Les poissons sont incensés, des multicolores, des fluos, des lumineux, d`autres font la taille d`un frigo. A chaque coup de palme nous attends une nouvelle surprise. A la beauté du décor s`ajoute l`amusante expérience de respiration sous l`eau pis la sensation de flottaison. Flotter au dessus de ce monde profond, c`était puissant. Tellement immense que les notions de distances sont a réévaluer. Mes collegues qui pourtant se tiennent a 5m de moi, sont invisibles. On s`y perds tres rapidement.

De retour a bord du voilier, chacun partage son expérience. On a tous vus des choses différentes. Tous satisfaits, on admire calmement le crépuscule parfait. Soirée également parfaite.

La mer agitée nous réveille de bonne heure le lendemain. Le paysage n`est plus le meme. Longue matinée relax avant d`aller plonger a nouveau pour découvrir notre nouveau terrain de jeu. Cette fois, c`est juste avec masque et tuba. Les poissons sont toujours aussi incensés. Encore une journée ou on s`est ai mis plein les yeux, pourtant on a rien foutu ! ^^

Arrive le dernier jour. On la passe a l`estuaire de Whitehaven Beach, le fleuron des Whitesundays. Alors que j`emmerdais tranquillement les poissons a leur nager apres, je tombe face a face avec un requin, pas gros, petite bete d`a peine 1m. On a beau m`eu dire que ceux la ils sont pas dangereux, je les crois mais laisse sharky faire sa vie pénard. Vu également un dauphin et une araignée de la taille de ma main sur l`ile.

En ce dernier soir, une table nous est réservée dans un bar. J`ai eu la bonne idée de sympathiser avec le cuisto de l`équipage durant ces 3 jours, un gars du pays qui connait tout le monde. J`ai rien payé ce soir. Kim a laissé la maison ouverte, parfait, j`ai un vrai lit pour ce soir !

 

Jour 23 et 24 : Magnetic Island

Kim m`amene au bus. C`est peut etre bien la derniere fois que je la vois. Triste. Triste également de quitter les 2 taiwanaises de la croisiere qui se sont levées expres pour me dire au revoir ce matin. Triste de quitter l`américaine, l`allemande, les 2 canadiens, les 3 norvégiennes.

Dans le bus pour Magnetic, je rencontre une autre allemande. La cote est en est blindée. OIn en rencontre 2 autre sur le ferry, puis 2 allemands sur l`ile et enfin 3 allemandes. La tablée ce soir est constituée de 8 allemands et moi. Avec 4 d`entre eux, on prévoit de se louer une voiture demain pour visiter l`ile.

Tin, c`est fou ! Je ne veille pas tard ce soir, je suis cassé, ca va trop vite pour moi ! ^^ Envie d`un peu de solitude ce soir, moi et ma musique.

Apres 3 jours sur le bateau, je me sens encore tanguer ce soir.

Je me suis retrouvé sur cette ile apres avoir vu ce deal tres raisonable qu`offre un backpacker : 2 nuits pour le prix d`une, free breakfast + diner + location de masque/tuba + ticket ferry A/R. On loue comme prévu une voiture avec les 4 Allemands. On a le choix : petite voiture touristique, 50km/h, 100$ pour 5h ou un 4x4 a 75$ pour 24h. Le choix est fait rapidement. D`autant plus que certaines routes de l`ile ne sont accessibles que par 4x4. On est que 2 aptes a la conduite mais je suis le seul a avoir déja conduit en Australie ce qui fera de moi le conducteur principal.

Matos de plongée chargé dans le coffre, c`est parti ! On plonge les 2 spots les mieux réputés de l`ile.

Ca valait pas les Whitsundays mais j`ai pu voir les énormes tortues de mer qu`on peut voir le vendredi soir sur la 3 ainsi que des raies grisses a taches bleues. Une allemande a vu un requin pour sa 1ere fois. Je fais mine que c`est normal, que j`en suis un habitué, mais ptain, j`aurais bien voulu le voir moi aussi !

16h30... le soleil se couche dans 30 min a l`opposé de l`ile. Activation des 4 Wheels Drive ! Ah ah, j`avais déja vu le Paris-Dakar a la télé, mais en vrai c`est encore mieux ! On arrive dans les temps et assiste a mon plus beau couché de soleil australien.

Ce soir le backpacker organise une soirée loto... des pates et une douche me conviendront tres bien avant d`aller au lit.

 

Jour 25 : Mission Beach

Je rends la titine, prends le ferry, rentre dans le bus et retrouve a nouveau les Norvégiennes. Décidemment ! Elles poursuivent jusqu`a Cairns, pour ma part, je m`arrete avant, a Mission Beach. Du moins juste a coté, car le bus s`arrete a 4km de la plage. 4km avec mon sac sur le dos... j`y vais, j`y vais pas ...? En attendant de prendre une décision, je me passionne pour des choses plus qu` inintéressantes "Ah tiens, j`arrive a mettre mes cheveux dans ma bouche !", "Et si je coupe mes ongles maintenant, combien de temps ils nécessitent avant leurs prochains soins ?". Fin bon, ca m`a pris du temps. Allez nan, j`y vais pas, je vais en profiter pour rédiger tout ce qu`il s`est passé depuis 1770. J`ai commencé a 5:45, 4 pages de texte et un stylo épuisé plus tard, il est maintenant 10:33. Je ne sais pas encore ou dormir et ne vois pas d`aire de jeux a proximité. Y`a bien cette route sans éclairage public au loin qui me tente bien, peut-etre trouverais-je un endroit ou planter ma tente.

 

Jour 26 et 27 : Cairns

Je découvre l`environnement qui m`entoure au réveil ce matin. Je m`en suis plutot bien sorti avec le repérage de nuit de la veille. Package du sac en vitesse avant de me faire repérer, je suis pret et pressé de partir pour Cairns. Plus que 4h d`attente avant l`arrivée du bus... c`est long. J`arrive toujours a mettre mes cheveux dans ma bouche, mes ongles sont fraichement coupés... mon inspiration s`essoufle. c`est long. Assis sur mon banc, je fais peine a la dame du café qui m`invite dans son magasin. Une guitare est posée dans un coin. Sourire en coin, je sais a quoi je vais occuper mes 2 prochaines heures. Mission Beach aura au moins permis d`avancer un peu plus la chanson de Sydney.

Cairns enfin ! Me voila au point le plus haut de mon trip australien. La ville et ses 150 000 habitants est plus grande que je ne l`imaginais. Malgré ca, je croise des tetes familieres comme l`allemande des whitsundays, la canadienne de Brisbane et bien évidemment, les norwish girls. On passe la soirée dans leur chambre avec une quinzaine d`autre. On se connait presque tous. Marrante coincidence d`y retrouver des gens de 1770, Mooloolaba, Airlie Beach... Un bon groupe, une bonne soirée.

En ce 27eme jour, je pars plonger la Great Barrier Reef une nouvelle fois. Je passe beaucoup de temps sur les bateaux en ce moment. J`aime le bateau. Mon estomac un peu moins mais supporte le coup. J`appercois l`allemande du bus pour Magnetic a bord du vaisseau. On plonge ensemble alors. Un peu décu par cette session. Cairns est réputé comme le spot de plongé, je m`attendais donc a voir plus de choses qu`aux Whitsundays. J`en ai vu moins. J`ai quand meme vu une grosse tortue a la fin !!!... tres molle, peut-etre morte d`ailleurs... M`enfin, malgré les efforts acharnés de la tortue pour me divertir, cette journée ne sera pas celle qui marquera mon voyage.

 

Jour 28 : Alice Springs

Petit dej` peu banal avant de quitter Cairns dans la matinée. La cuisine, vide a mon arrivée s`est peuplée de 16 femmes aborigenes en habits traditionnels. La piece s`anime de chants religieux dans un dialecte indigene, puis vient le moment de la priere. Moi et mes toasts, on assiste a la scene au 1er rang. Le spectacle est beau, mais je ne sais trop ou me mettre... peut-etre devrais-je me joindre et chanter avec elles... mmmh... je préfere écourter mon repas et quitter l`assemblée. J`interprete les 16 "Good Bye !" et les grands sourires qui accompagnent ma sortie, comme un signe de bonne décision.

Et voila, apres 27 jours sur la cote, je quitte la plage pour le centre géographique du continent, occupé par Alice Springs. Des l`arrivée a l`aéroport, les murs et le sol tachetés de points de couleurs font ressortir l`importante influence aborigene de la ville. En effet, ils représentent 20% de la population d`Alice Springs quand la population australienne n`en compte que 2%.

Alice Springs est l`unique véritable ville du désert australien. Et la ville ne manque pas d'espace. Les larges rivages de la rivière asséchée qui traverse la ville ferait un emplacement parfait pour ma tente. Mais j'apprends par des locaux que le cours d'eau est sacré. Je vais éviter toute provocation. Ils me déconseillent de sortir seul le soir et me recommendent de me déplacer en taxi. La ville est pas sûre. Il est vrai que les aborigènes qui hurlent et se frappent dessus dans les rues, c'est pas ce qu'il y a de plus rassurant. Beaucoup d'entre eux vivent dans les rues et s'endorment une bouteille a la main. Les non-aborigènes et leur chapeau de cowboys sont moins hostiles et n'hésitent pas à proposer leur aide dès que quelqu'un semble perdu. Non cas.

 

Jour 29 : Red Centre

Levé a 5h du mat' pour un road trip de 3 jours dans l'immense territoire intérieur du Red Centre. Le nom est bien mérité car la couleur des sols et montagnes est dominée par des tons rouge-orangés, mis d'avantage en évidence par le ciel d'un bleu éclatant. Nous sommes 20 dans le bus à traverser l'outback. 5h de route plus tard, nous voilà à Kings Canyon, au sud d'Alice Springs. Une balade de 3h nous fait d'abord pénétrer dans les gorges aux parois imposantes avant de finir sur les crêtes de 100m de hauteur. Il fait chaud et la violence des couleurs oranges augmente cette impression de chaleur. On ira se raffraichir dans un petit oasis, seul point d'eau a 100km à la ronde. L'accès à la baignade est cependant pas des mieux aménagés... je me casse la gueule de la falaise, tombe lourdement sur le dos avant de me laisser glisser dans la marre. Je suis en sang mais j'ai moins chaud. Les potes, inquiets au moment du drame, en rigoleront pendant les 3 prochains jours. Et moi aussi.

Les températures de la soirée cottoient les 5°C, le feu de camp est bienvenue. Plongés dans nos duvets, on s'endort sous un ciel étoilé.

 

Jour 30 : Uluru-Kata Tjuta

Levé 5h également, ça pèle !!! Longue route vers le parc national d'uluru-kata tjuta, propriété du peuple aborigène. Il faut un permis pour y accéder. Nous faisons une première balade entre les 36 dômes de grés des Kata Tjuta avant de se diriger vers la star du parc.

Ah ! Je la vois, je l'apperçois au loin, cette masse rocheuse qui émerge petit à petit du sol arride au fur et à mesure que le bus s'en approche. Il est là, il est là, le rocher le plus gros du monde, devenu un emblême de l'Australie. Il se tient droit, fier de ses 348m d'altitude, impatient de nous raconter un tas d'histoire. Et quelles histoires ! Au pied du monolithe, le guide nous introduit à la culture aborigène, la vraie, pas celle que j'ai pu appercevoir au travers des 3 joueurs de troncs le dimanche à Sydney. Non, ici la culture reste très forte, de même pour la langue, la terre un peu moins depuis le boom touristique du site ces 30 dernières années. Mais la terre regorge toujours de légendes et de secrets transmis de générations en générations, toujours conservés par les autochtones. Les touristes n'ont accès qu'à une petite partie de la culture aborigène.

Les aborigènes du désert vivent encore en clans. Les pères apprennent la chasse à leurs petits hommes, les mères enseignent à leurs filles la reconnaissance des végétaux comestibles et la façon de les cuisiner. Une éducation donc basée sur les besoins primaires. Pas d'école, pas de médecine si ce n'est par les plantes. Tout tourne autour de la croyance. Pour eux, chaque fait est orchestré par un esprit présent dans la terre, les végétaux, les roches, appellé "Dreamtime" en anglais... me souviens plus du terme aborigène. Les aborigènes détiennent 2 âmes, une mortelle et l'autre destinée à rejoindre ce monde spirituel du Dreamtime. Ils s'efforcent donc à adopter une bonne conduite et les plus agés veillent au bien être du clan. Si un membre commet une erreur, suivant sa gravité, encourira une sanction proportionnelle. Il en existe 3 sortes : La première et la plus sévère est un marquage à chaud sur le front et l'exclusion du clan. La seconde consiste à transperser les cuisses d'un pique de chasse. Me souviens plus de la troisième, la plus clémente.

Enfin, j'ai retenu une dernière chose : les jeunes garçons, pour être considérés comme des hommes partent avec leur grand-père dans la brousse et doivent être capables de revenir tout seul au campement. Si tel est le cas, ils se font circoncir et casser les deux dents frontales supérieures à coup de pierre, si non... ça fera de la viande pour les dingos.

Les exclus se retrouvent généralement à Alice Springs. Il n'est pas étonnant de voir des aborigènes tatoués sur le front avec deux dents manquantes. Pas facile de redémarrer sa vie avec ça.

Bref, c'était passionnant ! On a assisté à une leçon de lecture de peintures rupestres, puis au couché du soleil pouvant admirer ainsi les variations de couleurs d'Uluru, virant de l'orange au violet puis au noir suivant l'évolution de la position du soleil.

 

Jour 31 : Retour à Alice Springs

Réveillé à nouveau à 5h par le froid. Putain c'est dur ! On prend vite la route pour ne pas manquer le levé du soleil sur Uluru. Je crève de froid et le soleil joue à cache-cache. Il se décide enfin à se montrer après 1h d'attente. Aaaah ! Le rocher reprend doucement des couleurs jusqu'à sa couleur orangée qui lui va si bien. Aujourd'hui, on a la choix, on peut faire la balade de 9km qui contourne la base d'Uluru, ou bien l'escalader. QUOI ?!?! On peut monter au sommet ? Grosse contradiction avec ce qui a été dit la vieille. Le rocher est sacré depuis que les 1er aborigènes ont mis les pieds sur cette terre, 30 000 ans auparavant. Eux même ne le touchent pas et demandent aux touristes de respecter ce lieu d'une grande importance spirituelle pour eux en faisant de même. Quelle déception donc de voir ce chemin bordé de piquets de fer jusqu'au sommet et ce flux constant de touristes qui se tente à l'ascension. Le chemin a été tracé en 1970 par des non-aborigènes peu soucieux des lois indigènes. Peu à peu, ils commencent à prendre consience de l'erreur mais la fermeture prend du temps car Uluru est-elle la propriété des aborigènes à part entière ? Les blancs n'ont-ils pas leur mot à dire ? Bref, le site fermera peut-être d'ici peu. Du coup, la tentation grimpe en moi. Réaliser quelque chose qui ne sera bientôt plus réalisable... Mais non, je vais éviter tout acte blasphématoire. J'envie ceux qui montent et m'écoeurent à la fois. Je ne sais quoi penser de cette triste image. Je me console me convaincant que la vue d'en haut sur les plaines désertiques n'a rien d'extraordiniare. La vue d'en bas en bien plus impressionnante. Gné !

3 domadaires sauvages, 2 émeus et 600km plus tard, nous voilà de retour à Alice Springs où nous partagerons une dernière soirée ensemble. Mon téléphone sonne, je m'isole prendre l'appel à l'extérieur. Une aborigène me demande une cigarette. Inapte à assouvir sa volonté, 3 autres se pointent et insistent fermement. J'ai du mal à manager les 4 et le téléphone en même temps. Maintenant ils haussent le ton et me bousculent légèrement. Je retourne au bar. C'est dingue, juste 2 minutes dehors. J'avoue que je crains un peu la marche retour de 20 min. Je rentre accompagnée de 2 japonaises. On sera juste emmerdés par des gamines de 8-10 ans qui jouaient la provocation maximale en nous criant dans les oreilles. À coup sur, les grands les observent de loin au cas où les choses tourneraient mal pour elles. Nan, la ville est vraiment pas sûre. On arrive entier au backpacker, content de dormir sous un vrai toit ce soir.

 

Jour 32 : Bus

Pour ceux qui ne sont pas adeptes des longs articles, voici celui qui vous plaira. Aujourd'hui je quitte Alice Springs sur un petite note humoristique. Un mec qui sort du parking d'une grande surface avec son dromadaire chargé des sacs de courses, ça se voit pas tous les jours. Je prends le bus pour Adélaïde, soit 22h de trajet. J'ai pu admirer des villes qui porte le nom de l'unique hôtel qui l'habite. Rien à l'horizon.

 

Jour 34 : Adelaide

Nan mais c'est pas que la ville est pas jolie ou quoi que ce soit hein, mais là j'ai juste besoin de dormir ! Nan, décidemment, je n'arrive pas à dormir dans le bus. À cela s'ajoute une mauvaise surprise. J'ai réservé il y a 4 mois de ça, un bus pour rejoindre Melbourne dans 3 jours en passant via la Great Ocean Road, la route la plus célèbre d'Australie. Or il n'y a qu'un départ de bus par semaine et le prochain est le 22 mai et je dois être de retour à Sydney le 21. Je serai remboursé à moitié. Mes courts moyens ne m'autorisent pas à dépenser plus que cette moitié pour rejoindre Melbourne. Dois-je y voler et faire l'impasse sur la fameuse route ? Faire du stop ? Risqué car mon planning millimétré ne tolère aucun retard maintenant. Louer une voiture ? Bon, Great Ocean ou pas ? La fatigue n'aide pas à la résolution du problème, je pose mes fesses au chaud à la réception d'un backpacker. - "Vous venez vous enregistrer ?" questionne la réceptionniste. - "Nan !" - "Très bien, on ouvre dans 30min, vous pouvez profiter du free Breakfast en attendant" Je suis content de mon accent de merde, ça a des avantages des fois. 2 pancakes et un café, c'était très bon, merci, au revoir.

Me revoilà dans les rues avec mes sacs, mes cheveux poisseux et boitant toujours de ma chute, 4 jours plus tôt. Je cherche un point info et interpelle un passant. Je n'ai pas le temps de poser ma question, il me regarde à peine répondant non de la tête. Je dois vraiment ressembler à un clochard :)

Je trouve une connection internet, j'y vois qu'une agence de location de voiture propose une relocation en urgence. Ils ont besoin de ramener des voitures basées à Adelaide à Melourne. Cette mission est proposée à qui veux pour 5$/jour à condition que le locataire s'engage à ramener la voiture dans les 4 jours et en état. Offre inouïe ! J'appelle instantanément. Une voiture restante ! JE PRENDS ! ! ! ! Elle sera prête dans 2h. Je trouve entre temps sur internet, 2 personnes avec qui voyager. Ils me pairont l'essence comme ça. J'arrive à temps, les clés me sont délivrées, tout roule ! (ah ah). Je m'en sors bien.

Je peux enfin m'offrir une visite de la ville l'esprit tranquille. La visite s'étend jusqu'à la nuit, il fait froid, il est temps de rentrer. Dans un bar. J'ai un ticket pour une bière offerte que je dégusterai avec délicatesse. Seul avec ma bière, je ressemble vraiment à un clochard. 1h30 de marche nocture pour rejoindre la voiture garée près de l'aéroport et ce sera le dernier arrêt de la journée car la voiture fera office de backpacker ce soir.

 

Jour 35 et 36 : Great Ocean Road

Le français et le belge m'attendent au point de rendez-vous. Départ immédiat. Une longue route nous attend. Heureusement, les flics animent un peu plus le voyage. Au milieu d'une route campagne, nous aurons droit à un contrôle de drogue. Un chien est engagé pour renifler tous les recoins de la voiture. Je prie pour que les collègues soient cleans. Examen passé avec succès. En descendant du coffre, le chien marque son passage de ses griffes sur le pare-choc arrière en souvenir, enlevant ainsi des portions de peinture. Trop pressé de quitter nos amis à képi, je ne leur fais pas remarquer la nouvelle customisation. Ce nouveau style canin n'est pas fait pour me déplaire, mais je crains de ne pas revoir un jour ma caution de 100$. Ca me préoccupe.

Nous voilà au début de la G.O.R après 650km. On trouve un coin convenable à l'écart de la route pour passer la nuit. Les 2 plantent leur tente parmis les kangourous, moi, mon mobil-home me convient parfaitement.

 

On roule encore, on roule bien, on roule moins bien, on roule plus bien, ça fait même du bruit. Ah bah on est à plat. Apparament elle a peu appréciée l'aventure dans le bush de la veille. Wouhou, 1ère crevaison de ma vie. Allez, ça se fête, on met un nouvelle roue. Et on repart dans la bonne humeur sur cette belle route sinueuse longeant le littoral et ses falaises saillantes. Il fait plutôt beau, nous n'avançons pas vite car à chaque virage apparait un nouveau point de vue mais la conduite, fractionnée par les arrêts fréquents, reste néanmoins agréable dans ce paysage typique Australien. Le soir apparoche, on est claqué. Un repas chaud, une douche chaude, un lit chaud dans une pièce chaude ne seraient pas de refus. Tout ce petit confort pour 20$, c'est pas grand chose. Ééééh enfin... allez, into the wild again ce soir. Il est 7h, dans mon duvet, je suis déjà prêt à affronter cette nuit frigorifique. Le Belge ne veut pas dormir dehors, on devrait passer à 2 dans la voiture. Le français disparait dans le noir monter sa tente quelque part.

 

Jour 37 : Melbourne

3h du mat', j'ai assez dormi, je pète la forme. On décolle donc très tôt, ce qui est totalement con d'ailleurs car la route perd tout son intérêt dans l'obsurité. Le ciel s'éclaircit enfin. Les falaises ont laissé place aux collines boisées descendant jusqu'à la mer. C'est sympa aussi. La silhouette grisée des hautes tours de Melbourne perce petit à petit la brume. Ca sent la fin. On se refuse d'y croire et monte le son de l`auto-radio. AC/DC hurle, on hurle également ouvrant un véritable festival de fausses notes. Ca nous fait marrer, alors on continue jusqu`a la ville.

Ellie, l'australienne qui m'avait hébergé 3 mois auparavent m'accueille à nouveau, le temps de se rassasier et de se nettoyer en vitesse. Je dépose les 2 collegues dans Melbourne et file à l'aéroport retourner la voiture. Je déteste la conduite en ville et les 2 cafés avalés dans la journée n'aide pas à la relaxation. Arrivé en temps et en heure, la dame fait un rapide contrôle du véhicule. Elle me me questionne sur mon voyage, parle des siens... pendant 30 min. Elle ne prête pas attention au manque de peinture. Un contrôle plus approfondit sera réalisé dans les 5 jours, si les 100$ ne reviennent pas, c'est que c'était pas bon.

33kms me sépare de la gare ferroviaire. Dans 2 heures je dois prendre un train pour Sydney. Je les entame en courant. Marre d'être constamment en rush. Un bus me ramasse entre 2 arrets, sauvé !

Déçu de ne pas pouvoir rester plus longtemps à Melbourne. J'apprécie cependant les efforts de la SNCF locale qui retarde le train de 2h exprès pour me permettre de vadrouiller un peu plus dans les rues.

Le trip Aussie touche à sa fin. Je regarde une dernière fois le tracé de mon parcours sur ma carte d'Australie, me remémorant chaque étape du voyage, avant de monter dans le train. Dès l'instant où je poserai un pied dedans, ce sera presque finit.

 

 

Conclusion du voyage : Je sais maintenant, après 22 ans d'existence, que mes ongles ont besoin d`etre coupés tous les 15 jours.

 

 

 

 

 

 

 


11 Comments

Yann:
April 17, 2012
Alt+0233 pour faire les é en qwerty. Sinon au pire la prochaine fois tu pourras copier-coller ceux là : é è ù à ê ë î ï â ô ç ;-) Ca piquera moins les yeux pour les lecteurs :p

Bon à part ça t'as été une machine sur le départ, tu m'as pas déçu ! Enjoy le bodyboard et les plages de Coffs Harbour ! (mais fais quand même attention aux surfeuses de 70 ans ^^)
Capu:
April 17, 2012
A l'aventure is so cool.
Enjoy my brother and send your news when you can, is always a pleasure!
Ailleursland:
April 18, 2012
Continue de t'éclater et d'écrire, je savais pas qu'en plus d'être un bon musicos tu avais des talents pour écrire, c'est super agréable de te lire!!
Keep going man and ENJOY!!!!!!
salome:
April 19, 2012
ahah t'as vu ? dur les claviers qwerty m enfin bon ca va tu te debrouilles pas si mal que ca au final , je suppose que tu as qd mm dû mettre du tps pour nous raconter tt ca! c est tjr aussi passionnant! et oh ! tu devrais avoir honte d'ecrire que tu n es pas un grand fan de jazz : le jazz c est la vraie musique!! sur ce a bientot pour de nouvelles aventures. bonne route mon kiki !
Capu:
April 29, 2012
A midi on a manger une pintade à la chair tendre et moelleuse avec des olives, pruneaux des herbes avec une crème brulée...humm on se régale en France! Des Chroniques sont superbes on se marre bien...continu tu deviendras comme ta mère!
antheaume:
April 30, 2012
Bien contente que le tueur t'ait laissé la vie sauve !
Et au moins, tu manges des fruits et des légumes, c'est bien !
Mow:
May 1, 2012
Ah mon petit! Tu fais rêver avec tout ça! T'imagines pas l'envie que j'ai de m'assoir sur mon canapé et de regarder le documentaire sur le bush sur National Geographic ^^
Profite bien des vagues et évite les requins, j'aurai besoin d'un prof de surf à la longue chevelure et aux biceps saillants pour cet été :P
Bises ma copine
ANTHEAUME:
May 3, 2012
Raaaaah...biceps gonglés, chevelure mouillés, teint halé...wouaaaa!!! So beautiful man!!
P'tit Flo:
May 7, 2012
Perfect, as usual ! Continue de nous expliquer tes peurs et tes joies avec autant de détachement ! Moi je kiffe, je m'y crois ! C'est trop bien ^^
sasilomé:
May 16, 2012
mdr fait gaffe aux flics ouais!!
Sinon tu es merveilleux..(comme une feuille de bananier (souviens toi :p ))
P'tit Flo:
May 23, 2012
Jolie conclusion ^^ Bon et maintenant tu pars faire l'aventurier c'est ça ?
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