J’ai repensé au match de Lucha Libre auquel nous avons assisté et il me vient d’autres anecdotes qui me font sourire…
Il faut se mettre dans le contexte pour comprendre que les lutteurs, quand ils deviennent connus, jouent un rôle assez important parce qu’ils deviennent un modèle à suivre pour les enfants, par exemple. C’est donc par eux que passe parfois les messages importants à transmettre, les valeurs à adopter. C’est comme ça que rentre en jeu le lutteur appelé Máximo. Il arrive avec une tunique qui ressemble à une petite robe asymétrique, enveloppé d’une longue cape imprimée léopard dans le dos de laquelle sont collées une paire de petites ailes d’ange. Máximo roule des hanches, dandinne et sautille sur le ring, remue son popotin et n’a qu’une idée en tête: bécotter son adversaire. Sur la bouche. Le public se marre, l’adversaire ronchonne quand il se fait emballer mais au final c’est quand même notre ami Máximo qui est encouragé par le public et qui gagne la lutte. On rigole, on rigole, mais le message est passé; dans cette société mexicaine encore tellement macho, il est important d’accepter l’homosexualité et quelle meilleure façon de faire passer cette idée que de montrer un qui ronchonne mais qui se fait quand même éclater par le lutteur gay mais pas faiblard? J’en profite, en passant, pour commenter que Máximo et ses comparses sont apparus sur le ring avec un nain, déguisé en quelquechose qui ressemblait vaguement à un canard. Le nain se fait un peu bousculer par “l’ennemi” mais au final Máximo et ses potes le défendent férocement et la leçon c’est qu’on ne maltraite pas les plus petits que soi...En attendant, je suis très décue parce qu’on m’a dit que des fois la soirée débute avec des luttes de nains, suivies par des luttes de femmes…et on n’a vu ni l’un ni l’autre et je suis sûre qu’on a raté du bon spectacle. Une lutte de nains? Voilà qui me rappelle un certain arrêt (improbable) du Conseil d’Etat du 27 Octobre 1995 à propos du lancer de nain...comme quoi j’ai pas tout oublié de mes études...
Revenons à nos moutons...qui se trouvent à Puebla. On a passé deux jours tranquilles dans cette charmante petite ville qui nous fait beaucoup penser au Vieux Madrid. C’est donc avec un peu de nostalgie que nous nous sommes promennés dans les rues pavées et avons visité les magnifiques églises. Une différence indéniable? Les couleurs. On trouve les murs peints en ocre, en bleu, en fuschia, différents tons de jaunes...décidémment loin de la morosité qu’on pourrait parfois reprocher à notre vieille Europe. Un de nos grands plaisirs c’est de découvrir les spécialités culinaires des endroits où nous allons et nous tombons à point pour goûter les fameux “chiles en Nogada”. C’est un plat typique de Puebla et de cette époque de l’année tout particulièrement puisqu’une fois le plat prêt à être servi il arbore les couleurs du drapeau mexicain. Or le 15 Septembre à partir de 23h les mexicains fêtent leur indépendance. Le Chile en Nogada c’est un poivron de Puebla (le vert du drapeau) farci avec tout un tas de bonnes choses dont je vous passe le détail (définition sur Wikipédia), arrosé de crème fraîche (le blanc) et sur lequel on dispose des graines de Grenade (le rouge). C’est délicieux et ça gave bien...Bien entendu il a fallu qu’on goûte aussi au mole poblano, une onctueuse sauce brunâtre dont on dit qu’elle est composée de plus de 30 ingrédients différents. Je connais encore moins les détails de cette recette-ci mais c’est également très bon. Une des premières choses que je voulais visiter c’était la “calle de los dulces”, une rue où se concentrent toutes les boutiques de petites douceurs (un genre de mélange entre une pâtisserie et une confiserie mais à la mexicaine) où on peut trouver plein de spécialités locales pour les becs sucrés (donc moi). Sauf que grosse déception parce qu’on a acheté tout un assortiment et rien ne nous a convaincu. J’espère que la dame qui faisait le ménage à notre hôtel était elle aussi un bec sucré...Pour conclure, je dirais qu’on a dégusté le meilleur café qu’on ait jamais eu l’occasion de goûter...Starbucks peut aller se rhabiller (on le savait déjà) parce que c’est aussi simple que d’ajouter de la canelle et des clous de girofle (à ne pas confondre avec des “culs de giraffe”, comme c’est arrivé à un charmant italien de ma connaissance) au café moulu au moment de mettre la cafetière en marche. Je ne connais pas les proportions exactes mais je compte bien me pencher sur la question dès que je serais de nouveau l’heureuse propriétaire d’une cafetière...
Pour conclure, et histoire de ne pas passer (que) pour une goinfre, je dirais que Puebla est une ville qui donne envie de l’explorer petit à petit, en déambulant dans ses rues, en s’asseyant sur un banc de fer forgé sur le Zócalo (la place principale) pour regarder les gens passer, en flânant dans les rues piétonnes et, tout simplement, en prennant son temps. On a visité une chapelle tout en dorures à couper le souffle, on a été voir un grand atelier de céramiques traditionelles, mais je ne serais pas capable de faire une liste détaillé de ce qu’on a visité. Ce que je sais c’est que je garderais un souvenir agréable de Puebla où on a joué aux cartes à la terrasse d’un café, on a bouquiné à l’ombre des grands arbres du zócalo, on a regardé les nuées de pigeons venir picorer les graines que leur jettaient les enfants et on a assisté à une cérémonie au drapeau avec l’orchestre municipale en fond sonore…pas de quoi ré-écrire le Lonely Planet mais une expérience bien à nous, tout simplement...
t'as de beaux restes, tu sais!