Je commencerais par dire que, finalement, on n’a pas dégusté de chocolat avant de monter dans les bus. Pas envie; incroyable mais vrai…Le voyage s’est bien passé et nous sommes maintenant à Puerto Escondido, où on crève de chaud mais on sue heureux. On a même décidé de rester plusieurs jours histoire de voir ce qui nous reste de nos leçons de surf, qui datent quand même du mois de Mai.
Bon, je me laisse aller à un petit interlude culinaire parce que je le vaux bien et j’explique:
Le Tejate, c’est une boisson qui se prépare avec la plante de cacao ; on la sucre avec du sirop de palme et on la parfume avec du lait de coco et des épices. Ça donne un liquide brun avec des grumeaux blanchâtres qui flottent dedans et c’est pas super appétissant. Mais c’est frais et un vrai régal. Le Jicuatote (ou Nicualote) est un dessert gélatineux blanc à base de lait, clous de girofle, cannelle et maïzena. Super : pas trop gluant, pas trop écœurant, tout à point. Le mole j’en ai déjà parlé et en plus on en trouve dans la plupart des restaus mexicains dignes de ce nom. Les chapulines, c’est fait. Bon, je crois que j’ai fait le tour…
Oaxaca se trouve au confluent de trois vallées dans lesquelles se trouve une multitude de petits villages où l’artisanat est une activité courante et bien développée. Et ça, c’est dur pour moi parce que j’adore l’artisanat mexicain avec toutes ses couleurs éclatantes. Et je ne peux rien m’acheter parce que 1) j’ai pas de place et 2) j’ai pas tellement de sous non plus. Bref, je me retiens…
La ville est super sympa, un peu le même genre que Puebla mais en mieux. Il est très agréable de traînasser dans les rues. Encore plus qu’à Puebla on décide de prendre notre temps pour explorer au gré de nos promenades. On part quand même passer une journée dans le coin de Mitla pour visiter un coin qui s’appelle Hierve-el-agua (l’eau qui bout) et les ruines préhispaniques de Mitla. Le site de Hierve-el-agua permet de voir des sources d’eau qui coule à flanc de montagne et qui, en s’évaporant, forme comme une cascade pétrifiée d’un blanc laiteux (à cause de la présence de carbonate de calcium). En fait c’est comme une stalactite géante. Il y a deux bassins, artificiels, qui permettent de se baigner mais franchement ça donne pas envie une fois sur place…l’eau, contrairement à ce que laisse entendre le nom de l’endroit, ne bout pas mais elle est suffisamment effervescente pour donner l’impression d’être entrain de bouillir. L’endroit en soi n’est pas mal mais on a investi 5h de temps pour y aller…j’explique : on s’est pointés à la gare routière à 8h du matin en espérant pouvoir prendre un bus direct dont parlait le guide. Hélas, ce trajet n’existe plus. Il faut donc prendre le bus jusqu’à Mitla puis prendre un genre de taxi collectif qui coûte 50 pesos par personne et prend jusqu’à 6 passagers. Si on est pas 6 il faut payer la différence ou attendre d’être 6. On a donc attendu 2h avant de baisser les bras. Dix minutes plus tard on rencontre 2 françaises qui veulent y aller aussi et un chauffeur moins gourmand qui nous prend 50 pesos par tête de pipe même si on est que 4. Bref, donc on se pointe à Hierve-el-agua en plein cagnard alors qu’on a mis les pieds à Mitla à 9h10…au moins ça a permit à Veri, entre temps, de se faire un copain : un petit vieux témoin de Jéhovah qui lui a raconté sa laïfe et lui a montré plein de passages de sa bible…et Veri, avec sa patience d’ange, a tout bien écouté. Ça m’impressionne toujours, cette patience qu’il a avec les relous (qui doivent le sentir parce que moi, ils me laissent toujours tranquille).
Le site archéologique de Mitla est très chouette (je m’en souvenais assez bien) parce que l’enceinte qui délimite le site est faite de cactus, il se découpe sur fond d’une église -construite avec des pierres « volées » aux édifices préhispaniques- et présente des frises en pierre impressionnantes de symétrie et très bien conservées.
Pour finir la journée on s’arrête à Santa María del Tule, où se trouve un arbre plusieurs fois millénaires au tronc énorme, plus grand encore que les séquoias géants que nous avons vus en Californie. C’était une fin de journée parfaite car le petit village est super mignon et paisible et l’arbre réellement majestueux.
Lors de notre dernière matinée nous sommes allés visiter Monte Albán, LE site archéologique par excellence aux abords d’Oaxaca. Et, alors qu’il se trouve à environ 10 minutes de taxi, ça a été une galère sans nom pour y arriver. Antoine nous disait souvent qu’en Amérique Centrale ou Latine, bien qu’ils parlent espagnol, on a très souvent du mal à se comprendre. Et c’est vrai ! C’est à se demander si vraiment il s’agit bien de la même langue tellement on s’embrouille. Il faut dire qu’intervient tout un vocabulaire complètement différent et surtout une mentalité aux antipodes de la nôtre. Tant et si bien que lorsqu’on demande des explications, pour plein de choses, on peine parfois à avoir une explication sensée…c’est très curieux et surtout, très frustrant !
Voilà, le reste du temps on tout bonnement glandouillé sur la place principale, on a observé les locaux dans leur petit train-train quotidien, les cireurs de chaussures qui poussent leur métier jusqu’au rang d’art, les marchands de glace ambulants, les vendeurs de petit souvenirs, les grappes de ballons multicolores, les pommes d’amour piquées sur des longs bâtons, les enfants qui jouent sous le regard attentivement distrait de leurs parents, les mariachis dont le coté du pantalon reluit d’argent, les jeunes qui se scrutent les uns les autres, les couples énamourés, les pigeons qui roucoulent encore plus que les amoureux, les gamins qui se retiennent à grand peine de se baigner dans les fontaines…la vie de tous les jours, quoi...